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Hebdo • Rédacteur : Adam Halley

Girondins de Bordeaux : le géant à terre, un peuple toujours debout

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Hebdo • Rédacteur : Adam Halley

Relégués en Régional 1 après plusieurs années de crise sportive et financière, les Girondins de Bordeaux tentent aujourd’hui de se reconstruire. Après deux victoires pour leurs débuts en championnat, les Marine et Blanc ont retrouvé leur public au Stade Atlantique, où 11 163 spectateurs ont assisté à leur succès face au Stade Montois. À l’approche de leur troisième rencontre, face à Boé-Bon-Encontre, retour sur la chute d’un club historique et sur la fidélité de supporters qui n’ont jamais cessé d’y croire.

Hebdo • Rédacteur : Adam Halley

La descente aux enfers

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Une chute vertigineuse

En quelques années, les Girondins de Bordeaux sont passés de la Ligue 1 au Régional 1. Une chute vertigineuse pour un club six fois champion de France, emporté par une succession de difficultés sportives, économiques et institutionnelles.

L'ère Gérard Lopez et les premiers échecs

Lorsque Gérard Lopez reprend le club à l’été 2021, les finances sont déjà fragilisées par le retrait du fonds d’investissement King Street. Bordeaux termine dernier de Ligue 1 dès la saison 2021-2022. Un an plus tard, malgré une troisième place en Ligue 2, les Girondins échouent à trois points de la montée directe, après l’interruption du match contre Rodez lors de la dernière journée.

La perte du statut professionnel

La saison suivante, le club termine douzième et la situation financière s’aggrave. Faute de garanties suffisantes, les négociations pour une reprise par Fenway Sports Group échouent à l’été 2024. Rétrogradés administrativement, les Girondins perdent leur statut professionnel, acquis en 1937, ainsi que leur centre de formation. Placé en redressement judiciaire, le club est envoyé en National 2. Un plan de continuation ramène ensuite la dette annoncée de 94 à 26 millions d’euros, mais ne suffit pas à assurer sa pérennité.

L'exclusion et le rebond en Régional 1

En juin 2026, faute de présenter les neuf millions d’euros nécessaires à son budget, Bordeaux est exclu des compétitions nationales par la DNCG. L’espoir d’un sauvetage par Sparta Capital s’effondre : les 10,6 millions d’euros apportés le 31 juillet arrivent trop tard pour inverser la décision, confirmée par le tribunal administratif le 21 août. Fin septembre, le fonds Park Bench conclut un accord de reprise pour un euro symbolique, avec reprise des dettes. Le passif est ramené de 26 à 13 millions d’euros dans le cadre d’un plan de continuation étendu à douze ans. Début octobre, les Girondins obtiennent finalement le feu vert pour évoluer en Régional 1. Après cinq années sous Gérard Lopez, un nouveau chapitre s’ouvre. L’urgence est désormais de sauver durablement le club avant d’espérer retrouver les divisions nationales.

Hebdo • Rédacteur : Adam Halley

Bien plus qu’un club, une histoire de vie

Une fidélité à toute épreuve

On peut perdre des divisions, des titres et son statut professionnel. Mais comment perdre un club qui accompagne une vie entière ? Pour les supporters bordelais, la chute des Girondins n’a pas effacé les souvenirs ni éteint l’attachement. Derrière les difficultés sportives et financières, il reste des histoires personnelles qui résistent à tout.

Soixante-trois ans de passion

« Les Girondins représentent 63 ans de ma vie. » En quelques mots, un supporter résume une fidélité qui a traversé les époques. Des premières désillusions des années 1960 aux titres remportés sous Claude Bez, jusqu’aux crises récentes, il a tout connu ou presque. Aujourd’hui encore, il espère assister à la renaissance du club. Même s’il doute d’être encore là lorsque Bordeaux retrouvera le sommet, il refuse de renoncer à cette perspective. Après 63 ans, l’espoir est toujours vivant.

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Une transmission intergénérationnelle

Pour la majorité, tout commence dans l’enfance, aux côtés d’un parent. Une supportrice se souvient de son père l’emmenant au stade Lescure alors qu’elle n’avait que cinq ou six ans. Elle y découvre le football, les couleurs marine et blanc et ce scapulaire qui ne la quittera plus. Des décennies plus tard, les Girondins occupent toujours une place centrale dans sa vie. De ses premiers articles dans les journaux de son collège à ses expériences dans les médias consacrés au club, sa passion a façonné son parcours. « Ils font partie de ma vie, de mon univers sportif », confie-t-elle. Une histoire commencée dans les tribunes, devenue bien plus qu’un amour du football.

Piqués à vie

Cette fidélité peut même conduire à changer de vie. Originaire de Pontarlier, en Franche-Comté, une autre supportrice découvre Bordeaux lors de vacances en Gironde. Elle multiplie les déplacements en France et en Europe, grâce à une association de supporters créée avec un ami (Marine et Blanc Franche-Comté). Puis, il y a deux ans, elle déménage à Bordeaux pour se rapprocher de son club et s’investir davantage auprès de lui. Alors que les Girondins touchent le fond, elle n’envisage pas de tourner la page. « Bref, piquée à vie, j’ai les Girondins de Bordeaux dans la peau », écrit-elle. Avant de résumer ce lien indéfectible : « On ne choisit pas son club, c’est son club qui nous choisit ! »

La force d’un attachement indéfectible

Même la colère provoquée par les dernières années ne signifie pas l’abandon. Un supporter garde en mémoire les soirées européennes de 2009, la victoire face au Bayern Munich et les joueurs qui ont marqué son histoire avec Bordeaux. Son ressentiment envers Gérard Lopez est profond, mais il ne remet pas en cause son amour des Girondins. Il promet de les soutenir « même en R2 ». Car si les dirigeants passent et les divisions s’effondrent, quelque chose demeure : l’envie d’y croire encore. La chute n’a donc pas seulement laissé derrière elle des dettes et des divisions perdues. Elle a aussi révélé la force d’un attachement qui ne se mesure ni au classement ni au niveau d’une équipe. Pour ces supporters, rester fidèle, c’est continuer à porter une histoire dont ils refusent d’écrire la dernière page.

Hebdo • Rédacteur : Adam Halley

La renaissance à l’épreuve du terrain

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L'effectif et le public au rendez-vous

Cette fidélité se voit aussi dans les tribunes. Pour leur premier match à domicile en Régional 1 face au Stade Montois, les Girondins ont retrouvé le Stade Atlantique devant 11 163 spectateurs (video de la communion joueurs/supporters →), une affluence exceptionnelle à ce niveau. Sur le terrain, les Bordelais ont également répondu présent. Six joueurs du groupe de Nationale de la saison précédente (Soufiane Bahassa, Nadjib Cissé, Ruben Droehnlé, Léo Jousselin, Steve Shamal et Driss Trichard) ont choisi de poursuivre l’aventure en Régional 1.

Un début de saison prometteur

Les Marines et Blancs ont entamé leur saison par une victoire 2-0 face à la réserve de Bayonne pour leur entrée en championnat, ils se sont imposés 4-1 contre les Montois, portés notamment par le triplé de Steve Shamal. Alors que les Girondins se préparent à jouer leur 3ème rencontre de Régional 1 ce samedi 31 octobre au stade de Cancelles, la route vers le sommet reste longue. Mais Bordeaux peut compter sur une force que les relégations n’ont pas emportée : son public. Et si la renaissance des Girondins commençait finalement là, dans ces tribunes toujours pleines de passion ?

Hebdo • Rédacteur : Adam Halley